Colombe de Pâques

Tout le monde, ou presque, connaît le panettone et le pandorodesserts typiques d'un Noël italien. Mais connaissez-vous la Colomba de Pâques ? C'est le dessert incontournable durant les fêtes de Pâques en Italie. Comme son nom l'indique, il a la forme d'une colombe, symbolisant la paix mais aussi le printemps sur le point d'éclore.


D'où vient cette tradition ? Comme souvent, plusieurs légendes entourent la création de ce dessert. Une est liée à l'Abbé Saint Colomban qui transforma grâce à sa bénédiction un repas trop riche en période de Carême, en pains prenant la forme de colombes blanches. Une autre nous porte vers le Roi Alboïn, Roi de Lombardie au milieu du VIè siècle, à qui avait été offert en signe de paix un dessert en forme de colombe durant le siège de Pavie. 
Une chose est certaine, c'est Dino Villani, directeur de la publicité de Motta, déjà célèbre grâce à ses panettone et pandoro, qui proposa l'idée de ce dessert de Pâques, proche du panettone, durant les années 1930, histoire de rentabiliser les machines ne servant alors que pour Noël. Idée reprise par Angelo Vergani, dont l'entreprise Vergani, basée à Milan, continue de produire les colombes de Pâques.
La recette classique prévoit farine, oeuf, beurre, sucre et oranges confites accompagnés d'un glaçage aux amandes. Depuis, de nombreuses versions ont vu le jour, farcies au chocolat, goût caprese, noisette ou même cointreau.
Deux façons de procéder existent : la version longue, celle des professionnels, avec plusieurs temps de pétrissage et différentes étapes pour laisser lever la pâte, (jusqu'à 16h) et la version plus courte, pour les moins experts... comme moi. Mais avec un excellent résultat, sinon je ne publierais pas la recette ici.
Je ne vous cache pas que j'ai essayé la première version il y a quelques jours, j'y croyais carrément, mais ma Colomba n'était pas franchement parfaite. J'ai lu partout et entendu de mes amis italiens qu'il était difficile de la réussir du premier coup, qu'il faut des années d'expérience avant d'y arriver.
C'est bien vrai. Moi la novice, je débarque en disant à mon italien: " Faccio la Colomba ! La vera hein ! Quella dei pasticceri ! " (traduction : "Je fais la Colomba ! La vraie hein ! Celle des pâtissiers ! ").
Quatre essais et une transfusion de modestie plus tard, je me concentre sur la réalisation de la Colomba version moins laborieuse.
Me voilà fin prête à vous proposer une recette, un mixe de différentes recettes en réalité, mon italien y a mis son grain de sel et nous sommes satisfaits du résultat.
Je tiens compte que vous n'ayez pas à disposition un moule adapté, alors j'ai trouvé pour vous une vidéo d'un italien expatrié aux USA et qui explique comment réaliser soi-même le moule de la Colomba : (si vous ne comprenez pas l'italien, regarder la vidéo suffit ! )


Ma Colomba n'est pas parfaite. En effet, le glaçage réussi lors des autres tentatives ne l'est pas cette fois-ci et il manque quelques amandes... Mais le goût y est : elle est vraiment bonne ! Il ne s'agit pas d'un gâteau type ciambella comme j'ai pû le voir au-travers de certaines recettes qui n'avaient de Colomba que la forme, mais bien d'une consistance comme il se doit. 
Ingrédients:
- 300 grammes de farine 00
- 200 grammes de farine manitoba
- 3 cuillères à soupe de fécule de pomme de terre
- 1 sachet et demi de levure sèche de boulanger (10.5 grammes)
- 150 grammes de sucre
- 100 grammes de beurre mou
- 1 pincée de sel
- 1 sachet de sucre vanillé
- le zeste d'une orange non traitée
- 2 oeufs + 1 jaune (ne pas jeter le blanc, il servira pour le glaçage)
- 130 ml d'eau (+30 ml si besoin)
- 100 grammes d'oranges confites
Glaçage :
- une cuillère à soupe de sucre semoule
- le blanc d'oeuf inutilisé
- une cuillère à soupe de farine d'amandes, ou de poudre d'amande
Décoration :
- grains de sucre
- amandes
1- Dans un saladier, mélanger les farines, la fécule, la levure et les sucres. Ajouter le beurre mou en morceaux, les 2 oeufs ainsi que le jaune, une pincée de sel et 130 ml d'eau à température ambiante. Mélanger dans un premier temps à l'aide d'une cuillère en bois puis pétrir à la main.
2- Si besoin, ajouter encore un peu d'eau, pétrir à nouveau, former une boule lorsque la pâte est élastique.  Couvrir et laisser reposer 2 heures dans le four éteint, lumière allumée.
3- Lorsque la pâte a doubler de volume, intégrer les morceaux d'orange confite en pétrissant légèrement la pâte. Diviser la pâte en trois morceaux : un plus grand qui prendra la largeur du moule et deux plus petits pour les ailes de la colombe. Laisser à nouveau reposer dans le four éteint, la pâte doit atteindre les bords du moule (comptez une heure environ).
4- Préparer le glaçage : fouetter le blanc d'oeuf avec une cuillère à soupe de sucre semoule et une cuillère à soupe de farine d'amandes. Déposer sur toute la surface de la colombe sans toucher les bords, ajouter les grains de sucre et les amandes. Faire cuire 50 mn environ à 170°, vérifier la cuisson. Dans cette version, pas besoin de laisser reposer la Colomba suspendue à l'envers, elle ne se dégonfle pas.


Joyeuses fêtes de Pâques ! Buona Pasqua !

Commentaires

  1. Bonjour. Est-ce que deux types de farine sont nécessaires ? Si oui, qu'est-ce que la manitoba ? Je ne connais pas...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonjour Fanny, je m'excuse j'ai pris quelques jours de vacances niveau blog...Je vous réponds meme si je comprends bien qu'il est peut-etre un peu tard ! La farine manitoba est particulièrement riche en gluten, forte et résistante aux temps de levées longs. Pour ce genre de recette, colomba, panettone mais aussi pizze, elle est tout à fait adaptée. Mais vous pouvez utiliser la farine de votre choix du moment qu'elle est riche en gluten.
      Bon week-end
      Graziella

      Supprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Conchiglioni farcis à la ricotta et au saumon fumé

Spaghetti aux fruits de mer

Bocaux d'artichauts marinés à l'huile d'olive